| De VVF à BELAMBRA |
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| 12-10-2008 | |
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La cession d'un terrain appartenant à la commune à la société Belambra fait débat. Nous vous proposons un petit retour sur l'histoire du site ... et notre point de vue sur ce mauvais tour. Le Village Vacances Familles de Guidel : Les Guidélois de longue date connaissent bien « leur VVF », c'est ce que l'on appelle du tourisme social ! Les nouveaux résidents savent qu'il s'agit à Guidel-Plages, de ces drôles de pavillons, dont les toits pointent vers la dune : eh oui ! Il est là, discret, se fondant dans le paysage. Aujourd'hui, une hérésie pour certains, une mine d'or pour d'autres .... Et le VVF dans tout çà ??? Financé par les Caisses d'Allocations Familiales, ou les comités d'entreprises, VVF appliquait un tarif dégressif selon les revenus et acceptait les « bons vacances » en paiement des séjours. C'était bien un accès aux vacances pour tous, besogneux et autres, mineurs de Lorraine ou cols blancs de la Banque de France. En quelque sorte la mixité sociale et le tourisme solidaire. Pourquoi à GUIDEL ? En 1960, au Bas-Pouldu Morbihan (appelé plus tard « Guidel-Plages »), il y avait le café « Titine », l'Auberge Cadieu, peut être une ou deux maisons et la dune. C'est tout ! Les plages avaient la réputation d'être ventées, froides et elles étaient peu fréquentées. C'est la rencontre de deux personnalités qui donne naissance au VVF de Guidel : d'un côté André Guignan le concepteur de VVF, issu du syndicalisme CFDT, à la recherche de terrains pour y installer ses villages de vacances. De l'autre, Louis Le Montagner, maire de Guidel depuis 1944, intéressé sûrement par le développement du tourisme social, mais aussi par le démarrage (déjà à l'époque !), de « sa » station balnéaire. Il est même question d'implanter un hippodrome. En 1960, en plein hiver, par une de ces tempêtes qui vous oblige à avancer plié en deux, les yeux plissés fixés sur « les godasses » à cause du sable (et oui, l'histoire est belle, mais on était quand même sur la dune !), l'affaire est conclue. Guidel aurait son Village et VVF sa 3ème installation. Voilà l'histoire du bail dit "emphytéotique" à 10 F symboliques par an, signé le 1er juillet 1961, pour une durée de 60 ans. Au demeurant rien de choquant et chaque partie y trouve son compte. La commune vient de s'inscrire dans une opération exemplaire de tourisme familial et cette opération marque le début de son développement touristique. En 2021, à la fin de ce bail, la commune aurait dû reprendre la pleine possession de son terrain et des bâtiments construits par VVF. Dans les années 70 : Au plus fort de son activité, VVF Guidel accueille 2500 personnes en pleine saison, en pension complète, location meublée et camping. Ce dernier, propriété de la commune est géré par VVF. En France, l'effondrement du tourisme solidaire au profit de ce que l'on a appelé « qualité de prestation et juste prix », en clair « rentabilité », se situe dans les années 90. Au tout début de ces mêmes années, la municipalité de Guidel cède son terrain de camping à un promoteur immobilier pour 80 f le m². Bref, un peu d'argent frais pour une commune qui s'urbanisait, grandissait et avait besoin d'équipements. Il est intéressant d'aller constater ce qu'est devenu ce terrain, après le changement de zonage qui a permis l'urbanisation. Mis à part les voies d'accès et quelques petits espaces de verdure, tout est construit et chaque mètre carré a été rentabilisé au maximum, sans aucune préoccupation de qualité de vie. Et depuis, le camping familial, pratiquant des tarifs accessibles au plus grand nombre, a disparu à Guidel-Plages. Mais comme ce n'était pas suffisant, le scénario se répète : BELAMBRA VVF veut rénover ses locaux. Il a besoin pour cela, d'une visibilité à long terme et souhaite devenir propriétaire du terrain. Aujourd'hui encore, la commune est endettée. Certains projets sont indispensables à la qualité de vie des Guidélois : l'école, la maison de l'enfance ... Bref, nous avons donc besoin d'argent. Et comme il y a 15 ans, la commune vend un peu plus de 7 hectares en bord de mer, pour 3 000 000 d'euros payables en 6 annuités sans intérêt, soit 500 000 euros par an. C'est ce que le conseil municipal du 30 septembre dernier a adopté. Dans un même élan, les 25 conseillers de la majorité ont voté pour. Les 8 élus d'opposition, toutes tendances confondues, ont voté contre et s'en sont expliqués. Les bâtiments en question, ne correspondent peut-être plus à la catégorie de touristes visée par Belambra. Mais, ne tombons pas dans le misérabilisme, les locaux sont entretenus et agréables. Ils ont été rénovés à plusieurs reprises depuis 1963. La Chambre de Commerce et d'Industrie du Pays de Lorient y a tenu sa réunion mensuelle, le mois dernier. Le conseil municipal de Guidel était invité et nous avons pu nous en rendre compte. Il n'était pas possible d'obtenir un loyer dans le cadre d'un bail emphytéotique renégocié. Par contre, une autre solution aurait dû être recherchée permettant de recevoir une compensation financière annuelle digne de ce nom, tout en donnant au Club Belambra la visibilité à long terme qu'il demandait. La braderie : On vient donc de brader une fois encore le patrimoine de la commune, perdre le dernier bastion du tourisme familial à Guidel-Plages et livrer, à une entreprise à but lucratif, 70 000 m² de terrain, bâtis certes, mais comprenant de larges espaces non construits. Ils sont dans un zonage NAL, destinés à des équipements de loisir ou sportif, on ne peut pas y faire n'importe quoi, c'est vrai, pour le moment. Mais, les zonages peuvent changer et les 4000 m² de terrain que récupère la commune vont passer en zone U et accueillir une urbanisation densifiée. Alors pourquoi pas les terrains que nous venons de vendre ? Et que deviendront-ils s'il y a revente en cas de difficultés financières de Belambra ? Que Belambra aie besoin d'une visibilité à long terme avant d'investir est légitime. Par contre, il est regrettable que la majorité actuelle « souffre de courte vue » Il y aura un Guidel d'après François Aubertin, qui aura besoin d'équipements nouveaux, de rénover les anciens, en un mot qui aura besoin de trésorerie Ce sera peut être en 2021, année où la commune aurait du récupérer ses 7 hectares du VVF et le bâti, la commune n'aura pas de revenus locatifs et n'aura plus rien à vendre ... |
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