Extension du port : un projet hasardeux, coûteux et incohérent.

L’expression de Guidel-Ouvert dans le bulletin municipal d’avril 2013 :

Récemment, dans le cadre de l’enquête publique, Guidel-Ouvert s’est positionné contre le projet d’extension du port de Guidel et, seul, a voté contre en Conseil Municipal : pourquoi ?

En 1975, ce port a été aménagé sans que la spécificité du site soit bien appréhendée ; le port s’est ensablé, nécessitant des travaux réguliers et coûteux de dragage. Aujourd’hui les usagers du port sont légitimement insatisfaits : même pour un bateau à faible tirant d’eau, les possibilités de manœuvrer dans le port sont réduites aux seuls horaires de pleine mer.

Il est louable de chercher des solutions à ce problème, mais agrandir le port c’est comme dire « le Maéva a été une erreur, rajoutons-lui deux étages ».

En effet, l’extension du port nous apparaît comme une entreprise très hasardeuse. Il nous est demandé une confiance aveugle aux spécialistes en courantologie et sédimentologie, qui nous affirment que c’est LA solution à son ensablement. Nous doutons que 40 000 m3 de sable qui seraient dragués et rejetés à l’embouchure de l’estuaire au jusant ne reviennent pas un jour ou l’autre avec le flot, ou qu’un rideau de palplanches, fut-il courbe, empêche l’ensablement d’un bassin creusé un mètre en dessous de la cote des plus basses mers.

Il serait préférable de se rendre à ce qui nous semble être l’évidence : ce site naturel n’est pas propice à accueillir une installation portuaire, la capacité d’accueil de bateaux de plaisance dans l’estuaire devrait se limiter aux capacités de mouillages à flot dans le lit de la rivière.

De plus, cet équipement artificiel est particulièrement coûteux : 4,250 Millions d’€uros HT, soit 23 600 € par place de ponton si l’on considère 180 emplacements ; le double si l’on considère uniquement la création de 90 emplacements nouveaux ! La location des pontons ne pourvoirait pas à l’amortissement de cet investissement sur une durée raisonnable de 20 ans.

En ces temps de nécessaires conversions économiques et sociales, l’agglomération de Lorient et la région Bretagne gagneraient sans doute à une meilleure utilisation des deniers publics.

Enfin, le projet d’aménagement conforte la place accordée, à Guidel, aux jet-skis. Au temps des «  Agenda 21» et autres « Plan Climat », voila qui manque fortement de cohérence !

La réalisation d’un ouvrage de cette importance sur un site aussi sensible que l’estuaire de la Laïta impacterait le milieu, de manière limitée mais réelle.

Mais notre principale crainte est que nous fassions fausse route avec ce projet d’extension et que, voulant corriger un mal, nous ne fassions que l’aggraver. Au final, le nombre d’usagers insatisfaits s’en trouverait doublé. À moins que l’on ne continue dans cette logique de fuite en avant ? Quelle serait l’étape suivante si le nouveau port se trouvait à nouveau ensablé ? Un chenal bétonné jusqu’à l’embouchure ? Ce serait parfaitement inacceptable !

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