On en apprend de belles dans la presse du 24/09/11 !
Monsieur le Maire y explique benoîtement que «Guidel n’est concernée par un emprunt libellé en Francs suisses que pour un montant de 904 000 €, contracté en 2001, pour une durée de 25 ans» et que «Guidel a aussi contracté des emprunts structurés « intermédiaires » dont le taux de remboursement actuel varie selon les cas entre 4,09 et 4,75 % par an.»
Bien sûr, dit comme ça, ça ne fait pas monter au plafond. Mais quand on creuse, en lisant par exemple le rapport de la Cour des Comptes sur « Les risques pris par les collectivités territoriales et les établissements publics locaux en matière d’emprunt »
(http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/12-risques-coll-terr-emprunt.pdf), ça interpelle.
Concernant le recours à des emprunts incluant des devises étrangères, voici ce que dit la Cour des Comptes : «Ni l’activité des collectivités et établissements publics locaux ou des établissements publics de santé, ni la gestion de leurs actifs ne génèrent généralement d’achat ou de vente de devises. Ces collectivités et établissements n’ont pas plus d’intérêt ou de motivation rationnelle à faire dépendre le montant de leurs frais financiers de l’évolution hypothétique de la courbe des taux, d’un écart entre deux taux d’inflation ou de la variation de deux parités monétaires.» (p 8 )
Et plus loin (p 16 ) : «De tels choix révèlent la réalisation d’opérations consistant à parier avec un banquier sur l’évolution d’indices ou de valeurs économiques sans lien avec l’activité ou le financement de l’emprunteur. Ils s’apparentent à une démarche spéculative et de ce fait, sont critiquables.»
Concernant les « emprunts structurés », ce n’est guère plus réjouissant. L’explication commence en page 2 : «Depuis quelques années, sont apparus des produits encore plus sophistiqués, appelés « produits structurés ». (…) Ces emprunts sont facilement reconnaissables puisque la clause qui définit le taux d’intérêt applicable comprend alors nécessairement un ou plusieurs « si ». Ils offrent à l’emprunteur, dans les premières années du contrat, un taux inférieur au marché, voire dans certains cas de 0 %. (…) Les emprunts structurés sont potentiellement risqués, même si le risque qu’ils induisent n’est pas de même importance d’un produit à l’autre. Ils sont également opaques et d’un intérêt financier discutable.»
Résumons-nous : Guidel a contracté des emprunts en partie assis sur une spéculation sur la fluctuation de monnaies, ainsi que des emprunts « structurés » c’est à dire qui donnent des taux d’intérêt réduits … les premières années, pouvant augmenter fortement ensuite dans certaines conditions, laissant ainsi la charge à l’avenir d’assumer les engagements du passé. Mais rassurons-nous, depuis 2008, dixit M. le Maire, «la ville a jugé utile de se faire conseiller, pour la gestion de sa dette, par un cabinet spécialisé, ce qui la met à l’écart désormais de toute manipulation.»
Parce que, en plus de faire des choix éthiquement contestables, on n’était pas à l’écart de manipulations ?
Y a pas à dire, c’est toxique le libéralisme !
Il va sans dire que nous souhaitons que le point soit fait, de manière transparente et détaillée, sur cette question des emprunts de la commune.